Une société d'abondance se construit comme un écosystème : cinq dimensions qui se nourrissent les unes les autres, du socle matériel à la création. Ce chapitre pose le cadre ; les chapitres suivants le remplissent.
La première partie de ce livre a documenté ce qui empêche la France d'avancer. Six rentes (fiscale, foncière, corporatiste, bureaucratique, d'héritage et du diplôme) qui se renforcent mutuellement et qui ont fait, depuis quatre décennies, le lit de la stagnation. Elle a aussi posé une thèse : aucune n'est une fatalité.
La partie qui s'ouvre maintenant construit. Elle décrit, domaine par domaine, ce que pourrait être une France qui ne se contente plus de gérer ses blocages et qui les transforme en points d'appui. Avant d'entrer dans le détail, une question s'impose. Quels domaines, et selon quelle logique ?
Le piège des priorités infinies
L'erreur classique des projets de réforme, française ou autre, est de présenter une longue liste d'enjeux comme si chacun avait la même urgence. Santé, éducation, écologie, défense, industrie, démocratie : tous comptent, tous reviennent dans les discours, tous sont défendus avec la même conviction par leurs ministres de tutelle. Cet égalitarisme rhétorique produit une absence d'ordre, et l'absence d'ordre devient, en pratique, l'absence de priorité, c'est-à-dire l'incapacité à arbitrer.
Or l'abondance est une architecture vivante plutôt qu'un menu à la carte : certains domaines y tiennent les autres et en sont tenus en retour. Si l'énergie manque, la transition industrielle ne se fait pas. Si la santé se délite, l'efficacité du travail s'effondre. À l'inverse, une innovation industrielle qui se déploie engendre la richesse qui finance la santé, qui réduit les coûts du système, qui libère des moyens pour l'éducation, qui forme la génération qui produira la prochaine innovation. Le découplage des enjeux est une illusion de pédagogie politique ; dans la réalité, ils s'enchâssent.
Penser ces interdépendances demande un cadre, une cartographie des conditions qu'une société doit assurer pour fonctionner, là où une opinion ou une préférence sectorielle ne suffirait pas. Celui de ce livre est la hiérarchie des besoins qu'Abraham Maslow a formulée en 1943, pour deux qualités rares. Elle est simple, cinq catégories qu'on tient en tête sans table de correspondance. Elle est défendable : depuis quatre-vingts ans, elle sert en santé publique comme en anthropologie politique à cartographier ce qu'une société doit assurer pour permettre à ses citoyens d'exister, de se sentir en sécurité, d'appartenir à un collectif, de se reconnaître dans leur travail et de se réaliser [113].
Cinq dimensions, un seul écosystème
La pyramide de Maslow n'est pas une loi scientifique. Les psychologues contemporains ont nuancé son hypothèse d'une progression strictement linéaire entre besoins ; en pratique, les niveaux interagissent et peuvent être traversés dans le désordre [113]. C'est pourquoi ce livre s'en sert comme d'un écosystème, cinq dimensions interdépendantes qui se nourrissent les unes les autres, plutôt que comme d'une pyramide, qui suggérerait une hiérarchie rigide et un ordre obligatoire.
Appliqué à un pays, l'écosystème tient en cinq dimensions :
| Dimension | Besoins | Ce que cela suppose pour une société |
|---|---|---|
| Physiologique | Boire, manger, se chauffer, respirer | Eau potable, alimentation accessible, énergie disponible, air respirable |
| Sécurité | Se soigner, se loger, ne pas avoir peur | Système de santé efficace, logement abordable, sécurité physique, défense extérieure |
| Appartenance | Faire société, être reconnu, participer | Démocratie qui fonctionne, information libre et pluraliste, ancrage européen, accueil et intégration |
| Estime | Se former, être qualifié, contribuer par son travail | Système éducatif équitable, formation tout au long de la vie, travail valorisé |
| Réalisation | Créer, entreprendre, innover, se dépasser | Recherche, innovation, mobilité ascendante, projet collectif |
Le principe est double, et c'est sa dualité qui en fait un cadre opératoire.
Il y a d'abord des conditions fondamentales. On ne demande pas à un pays affamé de se préoccuper d'innovation, ni à un pays sans énergie de débattre de transition industrielle. Sans la base physiologique (eau, alimentation, énergie), le reste ne tient pas. C'est un constat empirique plutôt qu'un dogme, car aucune société n'a jamais excellé en innovation, en démocratie ou en éducation en restant fragile sur ses besoins matériels élémentaires. Ces conditions doivent être assurées en premier, dans l'ordre logique des choses.
Mais il y a aussi une circulation entre les dimensions. L'innovation industrielle qui se déploie engendre la richesse qui finance la santé. La santé qui s'améliore libère du temps pour la formation. L'éducation qui se généralise renforce la démocratie en formant des citoyens capables de débat. La démocratie qui fonctionne protège les institutions qui rendent la sécurité possible. La sécurité qui s'installe rend l'investissement possible, qui rend l'énergie disponible, qui rend l'industrie capable de produire la prochaine innovation. Chaque dimension nourrit les autres ; aucune ne fonctionne longtemps si les autres se dégradent.
Cette double logique (fondations nécessaires, circulation continue) définit ce que ce livre appelle l'écosystème de l'abondance : une architecture où chaque domaine est à la fois support du suivant et bénéficiaire de tous les autres.
Une dernière précision sur ce que cet écosystème implique. L'abondance n'est pas la consommation maximale. C'est la capacité d'une société à produire des conditions de vie dignes pour tous, dans la durée. Cette précision temporelle fait basculer entièrement le rapport à l'environnement. Une société qui détruit sa biosphère pour atteindre l'abondance d'une génération n'est pas abondante ; elle est en train de consommer son propre socle. À l'inverse, une société véritablement abondante respecte l'environnement, ne le dégrade pas, le maîtrise, parce que c'est ce qui rend l'abondance soutenable, et parce que c'est ce qui rend la vie enviable. C'est pourquoi l'environnement est traité, dans ce livre, en fil rouge plutôt qu'en domaine parmi d'autres ; il traverse tout ce qui suit, et particulièrement l'énergie et l'agriculture, où l'enjeu se joue concrètement.
Ce fil rouge peut se formuler comme une règle de conception, qui vaut pour chaque réforme de la suite du livre. Toute proposition doit tenir entre deux bornes : un plancher social, qui garantit à tous les besoins fondamentaux que ce chapitre vient de cartographier, et un plafond écologique, qui interdit d'exiger de la biosphère plus qu'elle ne peut soutenir. L'abondance défendue ici est ce qui tient entre les deux, du temps, de la santé, un logement digne, une éducation de qualité, un travail qui a du sens. Aucun de ces biens n'exige une consommation matérielle croissante, et plusieurs en exigent moins.
Le lecteur verra cette double borne à l'œuvre bien au-delà de l'énergie : dans la rénovation des logements (chapitre 11), qui réduit à la fois la précarité et les émissions ; dans la mobilité (chapitre 14), où l'alternative à la voiture est à la fois sociale et climatique ; dans l'alimentation (chapitre 9) et la prévention sanitaire (chapitre 10), où la même réforme améliore la santé et allège l'empreinte. Le chapitre 25 répond frontalement à l'objection qui voit dans le mot « abondance » une négation des limites planétaires ; la réponse de fond est ici, dans la définition.
Cette inscription temporelle engage la mission même d'un gouvernement : maximiser le bien-être de ses citoyens, présents et futurs. Sacrifier le second au premier, par la dette accumulée sans contrepartie productive, par l'épuisement des ressources, par le non-investissement dans l'éducation, par le report indéfini des décisions difficiles, est un manquement à la fonction même de gouverner. Plusieurs des rentes documentées dans la première partie sont d'ailleurs des dispositifs par lesquels une génération s'approprie ce qui revient aux suivantes, l'héritage faiblement taxé, le foncier capté, la dette implicite des retraites non financées. L'abondance que ce livre défend est l'inverse de cette logique, un projet qui doit autant aux Français qui ne sont pas encore nés qu'à ceux qui votent aujourd'hui. Chaque réforme proposée dans la suite est évaluée selon ce double critère. Ce qu'elle fait aujourd'hui, ce qu'elle laisse demain.
Les cinq dimensions appliquées à la France
Voici comment les chapitres qui suivent s'organisent sur cette cartographie, du socle vers le sommet, en suivant la logique de l'écosystème.
Le socle physiologique (chapitres 8 et 9) couvre les conditions matérielles élémentaires : produire de l'énergie, se nourrir, gérer ses ressources sans épuiser ce qui les rend possibles. L'énergie (chapitre 8) vient en premier ; c'est elle qui permet de chauffer, d'éclairer, de transporter, de produire. La France a longtemps disposé d'un avantage exceptionnel grâce à son parc nucléaire ; elle l'a en partie dilapidé, avant d'amorcer un redressement, avec 373 TWh produits en 2025 et un solde exportateur record supérieur à 90 TWh qui en fait le premier exportateur d'électricité d'Europe. Consolider cet avantage, en l'inscrivant dans une stratégie de décarbonation crédible, est la condition de tout le reste. L'agriculture et l'alimentation (chapitre 9, La France des champs) déterminent ce que mangent les Français, à quel prix, et au prix de quels coûts environnementaux pour l'eau, les sols, la biodiversité et le climat. C'est dans ces deux chapitres que le fil rouge environnemental annoncé plus haut se joue le plus concrètement, en critère d'arbitrage à chaque étape plutôt qu'en rubrique séparée.
La sécurité (chapitres 10 à 13) rassemble ce qui protège la personne et le collectif contre la maladie, la précarité d'habitat, la violence et la menace extérieure. La santé (chapitre 10) couvre l'organisation du système de soins, son équité d'accès et l'ouverture à la révolution préventive qui s'annonce. Le logement (chapitre 11, Habiter) prolonge en projet le diagnostic de la rente foncière posé au chapitre 3 : comment passer d'un système qui transforme l'habitat en privilège générationnel à une France où se loger cesse d'être réservé à ceux qui possèdent déjà. La sécurité du quotidien (chapitre 12) traite la protection contre la violence et la fraude sur quatre fronts, narcotrafic, violences intrafamiliales, cybercriminalité, érosion de la confiance dans la police. La défense (chapitre 13) assure la sécurité extérieure, qui conditionne toutes les autres.
L'appartenance (chapitres 14 à 18) est ce qui relie l'individu au collectif et transforme un agrégat d'individus en société. La mobilité (chapitre 14) en est la condition matérielle élémentaire ; sans la possibilité concrète de se déplacer pour aller travailler, voir un médecin, voter ou retrouver les siens, les autres formes d'appartenance restent théoriques pour les quelque 15 millions de Français en précarité de mobilité. L'information libre (chapitre 15) en est la condition cognitive, accès universel à internet, pluralisme des médias, qualité du débat public, sans quoi les citoyens ne peuvent ni délibérer ni arbitrer. La démocratie (chapitre 16) est l'infrastructure institutionnelle qui définit les règles du jeu et rend possibles les arbitrages collectifs. La justice (chapitre 17) en est la condition d'application, accès au droit, délais raisonnables, indépendance des magistrats, sans quoi les lois votées restent lettre morte pour ceux qui n'ont ni avocat ni temps d'attendre. Vivre ensemble (chapitre 18) pose la question démographique et politique de l'ouverture, générations, immigration, territoire.
L'estime (chapitres 19 et 20) est portée par Former et apprendre et par Travailler : l'école, la science de l'apprentissage, la question de ce qu'on enseigne quand l'intelligence devient industrialisable ; puis le contrat social de 1945, ses fissures face à l'automatisation, et les réformes pour protéger la personne plutôt que le poste.
La réalisation (chapitre 21) est traitée par L'innovation : des pépites aux géants. Quand les quatre dimensions précédentes tiennent, une société peut consacrer son énergie à créer, entreprendre, repousser ses frontières. La France a les ingrédients ; il lui reste à organiser le passage de la recherche à l'échelle industrielle.
L'échelle extérieure (chapitres 22 et 23) clôt la partie : L'Europe comme multiplicateur des réformes nationales, puis Le monde comme projection de la France dans le siècle, diaspora, francophonie, migrations climatiques.
La méthode, partout la même
Cette partie ne prétend pas épuiser tous les sujets, car un livre n'y suffirait pas. Son objectif est de montrer, sur les domaines qui structurent la vie quotidienne et la capacité productive d'un pays, qu'une autre trajectoire est techniquement, politiquement et budgétairement possible. Avec, pour chaque chapitre, la même méthode :
- Un diagnostic chiffré : des chiffres comparables, des sources publiques, des coûts mesurés, plutôt que des incantations.
- Des références internationales utiles : d'autres pays comparables ont déjà résolu, en partie, ce que la France peine à résoudre ; il s'agit d'en tirer parti plutôt que de rendre hommage à d'autres modèles. Avec une exigence, identifier à chaque fois le ressort transposable qui fait fonctionner l'exemple étranger, et le distinguer du contexte culturel, qui ne se transpose pas.
- Des mesures budgétées : des réformes datées, chiffrées et reliées aux moyens identifiés dans la partie I, synthétisés au chapitre 24 (Qui paie l'abondance ?), plutôt que des listes de bonnes intentions.
- Une exigence de gouvernance : dire qui exécute. Les réformes qui suivent ne supposent aucun optimisme sur l'État tel qu'il est ; elles reposent sur une architecture distribuée où l'État fixe les règles et les incitations, où des opérateurs variés exécutent (collectivités, entreprises, associations, partenaires sociaux) sous contrat d'objectifs mesuré en résultats, et où une instance d'évaluation indépendante publie les bilans et met le Parlement en position d'arrêter ce qui ne fonctionne pas. Le chapitre 16 dessine cette institution.
L'État sur mesure
Une dernière condition traverse toutes les réformes décrites dans la suite : la différenciation. La République a longtemps fait de l'uniformité une vertu, et c'est, dans son esprit, une vertu juste, le même droit pour tous, le même service public partout, la même règle pour chacun. Cette logique a construit la France moderne. Elle a aussi montré, depuis quarante ans, sa limite. À force d'habiller des situations radicalement différentes dans la même taille unique, le prêt-à-porter administratif produit du saupoudrage plutôt que de l'égalité. La prime au covoiturage, abaissée puis supprimée début 2025, aidait à l'identique un Paris-Bordeaux bien desservi par le TGV et un trajet rural où la voiture est la seule option ; elle diluait les moyens. Une Zone à Faibles Émissions imposée dans une ville moyenne sans alternative de transport en commun ajoute une exclusion ; la suppression des ZFE, votée par le Parlement puis censurée en mai 2026 par le Conseil constitutionnel comme cavalier législatif, illustre d'ailleurs le rejet politique d'un dispositif uniforme conçu sans alternative. Une école qui applique le même nombre d'élèves par classe dans un quartier en grande difficulté et dans un quartier favorisé perpétue les inégalités sous couvert de neutralité.
Or, depuis vingt ans, les plateformes privées ont apprivoisé une intelligence du ciblage qui est l'envers exact de cette uniformité. Une publicité, une recommandation, un produit, une offre, tout est personnalisé, à l'utilisateur près, à la situation près, à la géographie près. Cette intelligence existe, elle est techniquement disponible, et elle est aujourd'hui au service de la seule rentabilité commerciale, sans contre-pouvoir réel. Le projet que défend ce livre repose sur une thèse simple : l'État doit se doter de la même intelligence du ciblage, à des fins de justice et sous garantie démocratique. Tailler sur mesure ce qui était taille unique.
Cette différenciation publique n'est pas le profilage privé. Elle s'en distingue par quatre traits qui en font une politique défendable plutôt qu'une dérive technocratique.
Premier trait : la distinction entre droits et transferts. Les droits fondamentaux (santé, éducation, sécurité, justice, droit de vote) restent universels et inconditionnels ; aucun ciblage ne s'y applique. Les transferts (aides, primes, subventions, accompagnements, incitations) peuvent et doivent en revanche être différenciés selon les situations qu'ils prétendent corriger. Cette distinction empêche la différenciation d'éroder l'universalisme républicain ; on cible les remèdes sans jamais toucher aux droits.
Deuxième trait : les critères de ciblage légitimes. La différenciation publique s'appuie sur des critères objectifs et vérifiables, revenu, lieu de résidence, âge, situation familiale ou professionnelle, état de santé. Elle ne s'appuie jamais sur des critères d'identité, origine, religion, opinion politique, orientation sexuelle. Cette ligne n'est pas négociable, car elle sépare un État qui personnalise pour servir d'un État qui profilerait pour discriminer.
Troisième trait : la traçabilité algorithmique. Tout dispositif différencié repose sur une règle, et cette règle doit être publique, documentée, auditable. Si une prime au covoiturage est ciblée géographiquement, la cartographie qui définit l'éligibilité est publique. Si une aide à la rénovation est calibrée par revenu et par diagnostic énergétique, la formule de calcul est consultable. Si un accompagnement à la mobilité est priorisé selon une typologie de bassins de vie, cette typologie est publiée par l'INSEE et le Cerema, soumise à débat parlementaire, contestable. Aucun citoyen ne doit pouvoir être éligible ou exclu sans pouvoir comprendre pourquoi.
Quatrième trait : la contestabilité démocratique. Toute décision différenciée donne lieu à un recours administratif systématique. La CNIL, le Conseil d'État et, le cas échéant, des comités d'éthique sectoriels supervisent la cohérence des dispositifs avec la loi anti-discrimination et avec le respect de la vie privée. Les règles peuvent être amendées par le Parlement ; elles ne sont jamais figées dans des algorithmes opaques. Le chapitre 16 sur la démocratie revient sur ces garde-fous, qui sont la condition de légitimité de toute personnalisation publique.
Ces quatre traits, pris ensemble, dessinent ce que ce livre appelle l'État sur mesure : un État qui adapte son action à la situation réelle de ses citoyens, sans renoncer à l'égalité de droits, sans céder aux dérives identitaires du profilage, et sous le contrôle d'institutions démocratiques contestables. C'est l'inverse exact de la bureaucratie aveugle qui applique la même règle à des situations incomparables, et de la plateforme privée qui personnalise pour vendre. Les chapitres qui suivent appliquent ce principe à des domaines très divers, la santé prédictive personnalisée (chapitre 10), le polycentrisme de l'habitat avec accompagnement différencié (chapitre 11), la sécurité du quotidien adaptée à la nature des fronts (chapitre 12), la mobilité différenciée par bassin de vie (chapitre 14), la politique migratoire ajustée par profil et flux (chapitre 18), la formation tout au long de la vie modulée selon les trajectoires (chapitre 20), la fiscalité de l'innovation (chapitre 21), la fiscalité ciblée par patrimoine, revenu et flux (chapitre 24). Là où l'État sur mesure est appliqué intelligemment, il restitue à des citoyens longtemps ignorés une réponse adaptée à ce qu'ils vivent. Il évite aussi le saupoudrage budgétaire qui dilue les moyens sans servir personne, et qui décourage à terme jusqu'aux contribuables qui le financent.
Commencer par le socle
La partie II commence donc par l'énergie, la condition matérielle de tout ce qui suit. Sans énergie disponible, abordable et décarbonée, ni l'industrie ne produit, ni l'hôpital ne soigne, ni l'école n'éduque, ni la vie publique ne s'organise. Commencer par l'énergie, c'est commencer par le sol sur lequel tout l'édifice repose. C'est aussi commencer par ce que la France a, plus que la plupart des pays comparables, su construire dans le passé, laissé se dégrader, et récemment commencé à redresser, avec une production nucléaire de nouveau au plus haut et des exportations d'électricité record en 2025.
C'est cette histoire qui ouvre le chapitre suivant.
Les sources de ce chapitre figurent dans l'annexe, référence [113].