PRAGMA

Pragma

Comment la France peut devenir une société d'abondance.

Le livre

La France de l'abondance

Des rentes à la prospérité partagée

Une cartographie des positions protégées qui bloquent le pays, et le chiffrage de ce qu'il deviendrait sans elles. À lire en ligne, chapitre par chapitre, ou à télécharger en PDF.

26 chapitres · environ 13 h de lecture

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Note de l'auteur

Depuis fin 2025, j'écris Pragma, une newsletter qui prend chaque semaine un sujet de société : les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle, l'énergie, la fiscalité, l'immigration, les retraites. L'ambition de chaque numéro tient en une phrase : regarder le sujet avec le moins de biais possible et le plus de pragmatisme possible, en partant des faits et des chiffres plutôt que des postures.

Puis j'ai lu Abundance d'Ezra Klein et Derek Thompson. Le livre a donné un nom à ce que mes enquêtes dessinaient une à une : nos pénuries sont fabriquées par nos propres règles, et une politique de l'abondance peut les défaire. Ce livre-là décrit l'Amérique, ses procédures, son fédéralisme. Je me suis alors demandé à quoi ce livre ressemblerait pour la France. Et comme un projet commun nous manque cruellement, je me suis décidé à l'écrire. Je le rends public et gratuit sur ce site, car je pense que c'est un projet fondamental dont la France a besoin. Et qu'en se diffusant au plus grand nombre, il peut rendre notre vie à tous meilleure. Voici son sujet.

La thèse

La France produit beaucoup moins que ce que ses ressources permettent, et cet écart a une cause identifiable. Depuis cinquante ans, faute de projet commun, le pays a construit un système de rentes qui protège le présent au détriment de l'avenir. Le livre les cartographie une à une, chacune avec ses bénéficiaires, ses défenseurs et son coût mesuré. En voici quelques exemples :

  • La rente fiscale : 465 niches pour 92 milliards d'euros par an, quand l'Allemagne en recense une centaine.
  • La rente foncière : un droit des sols qui produit 275 000 logements par an quand il en faudrait 500 000.
  • La rente corporatiste : des numerus clausus et des monopoles légaux qui laissent 6,7 millions de Français sans médecin traitant.
  • La rente bureaucratique : la complexité devenue système de protection, dont vit une industrie entière.
  • La rente de naissance, sous ses deux formes : un taux effectif de 10 % sur les plus grandes successions dont le barème affiche 45 %, et six générations pour qu'un enfant pauvre rejoigne le revenu médian, contre deux au Danemark.

Aucune ne relève du complot. Chacune résulte de décisions rationnelles prises dans un système sans horizon, et deux propriétés expliquent leur persistance : les bénéficiaires sont organisés quand les victimes sont dispersées, et ces rentes se multiplient au lieu de s'additionner. C'est pourquoi les réformes partielles échouent depuis quarante ans, et ce livre propose de les défaire ensemble plutôt qu'une par une.

Ce projet se finance. Le programme complet coûte 49 à 60 milliards d'euros par an en régime de croisière, soit 3 à 4 % de dépense publique supplémentaire. Les redéploiements documentés et les recettes nouvelles en dégagent davantage, si bien qu'il réduit le déficit structurel au lieu de le creuser. Chaque chapitre porte son budget, et l'ensemble figure dans la liste des mesures.

La méthode

Quatre partis pris.

La même grille, chapitre après chapitre. Le constat chiffré, les règles qui le produisent et leurs bénéficiaires, les réformes qui ont fait leurs preuves dans des pays comparables, puis le financement. Les seize chapitres de la deuxième partie se referment sur leur budget récapitulatif.

Les perdants sont nommés. Neuf chapitres portent une section « qui gagne, qui perd » qui désigne ceux que la réforme désavantage, du multipropriétaire au restaurateur. Un programme qui n'aurait que des gagnants serait un programme malhonnête.

Les comparaisons internationales sont justifiées. Le livre extrait de chaque cas le mécanisme transposable et le distingue du contexte culturel qui ne l'est pas : Auckland sur le zonage, Vienne et Tokyo sur le logement, Glasgow sur la violence urbaine, l'Espagne sur les violences conjugales.

Les objections au projet ont leur chapitre. Les critiques y sont prises dans leur version la plus forte, avec pour discipline de distinguer ce que je concède de ce que je maintiens.

Les 455 sources sont référencées en annexe. Dans le texte, chaque marqueur numéroté ouvre la référence correspondante, avec l'adresse du document quand il est en ligne.

Si vous avez des commentaires ou des remarques, que vous soyez d'accord ou non, n'hésitez pas à me les partager : c'est comme cela que l'on progresse.

Bonne lecture.

Pierre

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